Miouzik 60 et 70

POUSSEZ PAS Y EN AURA POUR TOUT LE MONDE!!!

Archive pour la catégorie 'Variations'

Et voici, The « Variacheunzes »…

Posté : 23 juin, 2011 @ 7:34 dans Rock en France, Variations | Pas de commentaires »

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THE VARIATIONS 

NADOR – 1969 CoolCoolCoolCoolCool

 

 

La France  musicale de la période fin 60/début 70 était ou pop, ou variétés, ou n’était pas. C’est aussi simple que cela. Le terme de pop englobait une kyrielle d’artistes qui allaient des derniers yéyés rescapés des années 60, en mal de reconversion,  aux groupes qui galéraient pour gagner leur vie ou pour s’exprimer, en passant par certains profils, plus proches de la variété et qui flirtaient souvent avec le rock, sans vraiment s’y plonger. A boire et à manger, donc. L’un des premiers à être étiqueté premier groupe de rock sur le sol hexagonal fut Les Variations, qui, remarqué lors d’un passage TV pour le réveillon 1968 (l’émission Surprise Partie que vous pouvez voir sur les archives de l’INA à laquelle participaient aussi  Rod Stewart, The Who, Traffic, Fleetwood Mac… ),  fut, en quelque sorte, celui par lequel une chasse ouverte aux les groupes français du moment fut lancée par les impresarii. Les Devotion (Philips), Martin Circus (Vogue), Triangle (Odéon/Pathé Marconi), les Alan Jack Civilization, Alice, Ame Son du label BYG(voir mes chroniques à leur propos), Zoo (Barclay), Dynastie Crisis (Something Else), Catharsis (Masq de Bergerat), Catherine Ribeiro et Alpes (Festival), sont quelques éléments parmi tant d’autres de la résultante de ce ratissage prompt à dénicher l’oiseau rare dans un patrimoine riche et à portée de main. Un vrai rock à la française a les moyens d’exister. Les Variations, pas les premiers non plus à jouer du rock en France, ont valeur de pionniers dans nos murs. Il est vrai qu’ils ont tout pour plaire : la jeunesse, la beauté, l’indispensable côté rebelle pour faire plus vrai. Hélas, la France n’est pas la place propice pour l’épanouissement de nos groupes.  On en pince alors encore trop pour les repentis des sixties et la variétoche ; les concerts sont mal organisés ou très rares ; les moyens financiers sont très réduits au niveau des promotions, des enregistrements ; les musiciens sont très mal payés ; les médias s’en foutent royalement, préférant se tourner vers l’Amérique, plus lucrative ; les presses musicales ont d’autres chats à fouetter et la France se remet lentement  de la guerre d’Algérie. Faire un disque ou partir en tournée, sont un vrai parcours du combattant qui a de quoi rebuter. Il convient donc d’avoir la foi pour rester dans le métier. Les Variations en passent par là, mais ont l’intelligence de ne pas s’obstiner sur cette scène inculte. C’est en Hollande et au Danemark qu’ils vont d’abord chercher leur bonheur. Le Star Club de Copenhague est une étape importante pour le groupe qui lui permet de côtoyer  les Small Faces,  Vanilla Fudge et Hendrix avec lesquels les petits français tapent le bœuf, preuve, s’il en est, qu’ils n’ont rien à envier aux anglo-saxons et autres. Sortis vainqueurs du tremplin 1966 du Golf Drouot, il n’est pas meilleur examen de passage à l’époque, Les Variations attisent les curiosités en Europe, en Allemagne plus particulièrement (du Savoy Club de Hanovre en passant par Hambourg, Kiehl, Cologne…) et, enfin, en France (ils sont le premier groupe de rock à faire l’Olympia et feront le fameux Winterland américain, objectif de tous les groupes du monde).  Constitué de Jo Philippe Lebb (un b ou deux b, je n’ai jamais été foutu de savoir ?), un pur chanteur de rock dans le style Jagger, de Marc Tobaly, un guitariste puissant, élégant, et compositeur inspiré,  de Jacques Grange dit P’tit Pois, gueule de titi parisien et bassiste, et Isaack Bitton de Casablanca, alias Jacky Bitton, troisième batteur européen à l’époque, Les charismatiques Variations signent pour EMI/Pathé, leur premier contrat, et sortent successivement, en 1969,  deux 45 Tours , moins coûteux à produire et à distribuer, Come Along, sous la direction artistique d’un certain Claude Michel-Schonberg  (Le Premier Pas), puis What’s Happening.  Et oui, ils chantent en anglais, chose rare pour des frenchies. Ces premiers pas vinyliques aboutissent à Nador (1969), leur premier album. Il est très attendu, compte tenu du talent que la critique prête à ces jeunes un peu frimeurs, qui tournent à deux 45 Tours par an en moyenne, dont l’inspiration se situe  du côté du Led Zep ou des Stones et qui arpentent l’Europe dans le sillage des Cream, Taste, Hendrix qu’ils croisent sur les concerts. Nador est une très belle page du rock français, rempli d’une excellente musique électrique, rebelle, musclée, tantôt rageuse, agressive, tantôt bluesy ou groovy, s’appuyant sur une rythmique (P’tit Pois et Bitton) efficace, solide, et accompagnée d’un chant à la belle raucité et chaleureux. (Lebb) Ajoutez-y un guitariste (Tobaly), soliste raffiné, qui n’hésite pas à souquer ferme, si le besoin s’en fait sentir. Les origines marocaines de trois des quatre membres (hormis P’tit Bois) dotent cet album très cohérent de belles influences orientales (Nador, une ville de leur Méditerranée natale). C’est du haut niveau, dense, précis, inspiré (Tobaly signe de belles compositions) et collectif ; le rock gaulois y dame le pion aux anglo-saxons. Pour preuve : What A Mess Again, Waiting For The Pope, Nador, Generations (en français), Free Me, Completely Free, Come Along, What’s Happening…  difficile de s’imaginer combien notre rock est redevable à Nador et aux Variations (PLO54).

 

 1. What a Mess Again 3’17 

2. Waiting For The Pope 3’39 

3. Nador 2’43 

4. We Gonna Find The Way 4’27 

5. Generations 3’09 

6. Free Me 3’43 

7. Completely Free 5’40 

8. Mississippi Woman 3’10 

9. But It’s Allright 4’30 

 

Bonus (1996) 

1. Come Along 

2. Promises 

3. What’s Happening 

4. Magda 

5. Down The Road 

6. Love Me 

7. Come Along 

8. Spicks And Specks 

9. Mustang Sally

 

 Jacques Grande (P’tit Pois) : Basse/Jo Philippe Lebb : Chant/Marc Tobaly : Guitare/Jacky Bitton : Batterie. 

Contact : jean-claude.reichert@orange.fr   

 

 

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